Expédition aux Iles du Salut TO4DX (FY/F5KEE) - 24 mai au 4 juin 2000 par F5SN

Nous avons vécu le résultat d’une préparation, d’une découverte, d’une expérience avec l’expédition T04DX (FY/F5KEE) aux Iles du Salut. Il y aurait une lacune à cette expédition si nous ne vous faisions partager les coulisses de l’organisation et nos ressentis. Découvrir l’organisation a un but de mission pédagogique, d’une part pour donner un support à de futures expéditions, et d’autre part, faire découvrir les chemins fastidieux qui mène au pile Up. A la suite d’une telle expérience, comprendre l’expédition sur le fond permet de mesurer les difficultés non évidentes lorsqu’on est dans notre rythme habituel d’hygiène physique et mentale de vie. Engagé dans l’action, nous avons fortement pensé aux dernières grandes expéditions réalisées. Nous leur disons bravo, en réservant un grand respect au trafic qui doit être la plus grande récompense aux efforts consentis.


Pourquoi une expédition

Bien organisé dans notre cadre de vie, nous avons longtemps pensé, qu’une expédition se résumait à quelques fondus de voyage partant sur une île ou dans un pays rare, se faire plaisir à grand renfort de publicité. Se serait une erreur magistrale de le penser. En effet, la galère commence avant le départ face aux caisses de matériel dont le poids fleurte avec le millier de kilos, cela devient très vite une obsession en pensant aux différents transferts obligés pendant le voyage.
Rendue sur les lieux, l’équipe est souvent face aux agressions d’un milieu hostile, méconnu en pratique, l’objectif ne va alors plus que dans un sens : allez jusqu’au bout pour faire profiter aux radioamateurs de la mission. Beaucoup d’entre nous lancé dans l’action ont eu une pensée pour les oms qui ont activé l’îlot Clipperton, encore plus significatif sur les critères organisationnels que les Iles du salut.
Nous pouvons affirmer que de telles expéditions, sont réalisées avant tout pour et vers les oms du globe, leur permettant une part du rêve en les dégageant des dangers et contraintes diverses. Rappelons comme effleuré ci-dessus, le souhait fondamental de l’expédition est de faire participer un maximum de pays, ce qui est synonyme d’une quantité de contacts réalisés. Résultat qui pourrait être assimilé à une mission d’abattage de Qso où seul le critère compétition prendrait son importance. Il était nécessaire de mettre en avant la nuance existant réellement entre l’aspect de satisfaction exagérée au "narcissisme" de l’expédition, et le souhait de celle-ci au partage du contact vers tous les pays.


Organiser une expédition

La participation

Pour participer à une expédition en zone tropicale, il vaut mieux être informé des difficultés générales que cela peut poser afin de ne pas pénaliser le groupe en cas de problèmes.

Le coût individuel
C’est une question délicate qu’il est souhaitable d’aborder avec beaucoup de lucidité. L’étude de faisabilité, généralement avec une anticipation de 2 années, vis à vis d’une expédition au-delà de 5000 Km, l’étude de faisabilité donnera un coût financier approximatif et minimum. A l’annonce du coût minimum estimé, une démarche « sociale » consiste à définir une somme acceptable par participant composé de frais fixes et de frais variables. Ce sont les frais de voyage, le transport du matériel avec la logistique qui détermineront les frais fixes. Les frais variables sont essentiellement conditionnés par le mode de vie de l’expédition, isolement total, possibilité de restauration etc. Le nombre d’oms composant l’expédition sera le résultat judicieux d’un partage des frais fixes, et de quelques avantages en transport de groupe.
A titre exemple pour l’expédition aux lies du salut situées en Guyane Française, afin d’obtenir un coût moyen individuel raisonnable, il était nécessaire de former un groupe entre 15 et 20 personnes. Ce premier critère doit être étudié avec beaucoup de soins afin de ne pas avoir de défection juste avant le point de non retour de l’expédition. Et surtout de grosses déceptions éventuelles.

Le critère médical
En phase d’étude préliminaire, lorsque les participants sont connus, ceux-ci doivent vérifier les éléments de base impératifs, telles les vaccinations, mais aussi les incompatibilités individuelles en fonction d’éventuelles pathologies respiratoires, sanguines et allergiques. Il est conseillé de s’en occuper dès que la participation à l’expé est effective par une consultation en Centre Hospitalier Service Maladies Infectieuses et Tropicales. Le médecin qui vous prendra en charge vous expliquera les problèmes rencontrés dans la zone précise de l’expédition, mais aussi suivant les cas, en cours de voyage. Les risques de maladies infectieuses peuvent être complexes et différents dans un rayon de 100 km autour du site principalement en zone tropicale. Il est recommandé d’être en bonne forme physique entretenu journellement par de la gymnastique ou jogging. Cela limitera le risque de claquage muculaire lors des différents efforts physiques lors du transports de matériel, et montage des antennes. Prendre impérativement en pharmacie tous les produits répulsifs conseillés par le médecin, et en quantité suffisante.
Une pharmacie collective sera constituée par le délégué secouriste du groupe. A titre préventif il aura la charge primaire de veiller à la sécurité du groupe. L’incident est en permanence proche de nous. Dans notre cas nous avons eu un blessé le premier jour lors du transfert de matériel sur le bateau. Au retour des îles, le chargement était sous un rythme militaire avec la participation de la Légion basée sur l’île St Joseph. Nous avons eu un deuxième om qui a fait une glissade à l’embarquement avec une blessure à la tête. L’expérience montre que l’expédition doit posséder son responsable sécurité, rappelant les règles de sécurité minimum.

La compétence radio de l’opérateur
Nous serions tenté à penser que les opérateurs doivent être triés afin d’assurer un trafic exemplaire en situation de Pile Up. L’expérience montre que chacun a bien maîtrisé la situation expérimenté ou non. Ce qui est intéressant de développer, ce n’est pas la qualité intrinsèque de l’opérateur surdoué du Pile Up mais plus important, les conditions physiques, physiologiques et psychologique de sa vacation. Nous reprendrons plus tard et en détail cette phase qui est une des plus importantes de l’activité. Il est à noter que les oms participants doivent être à multi-compétences.

Conclusion sur les critères de participation
Il est peut être paradoxal de faire remarquer que le participant doit être « multi-qualités » physiques, psychologiques, techniques et débrouillard, plutôt que des qualités axées sur le trafic.

L’organisation prévisionnelle

Pour être efficace dans la préparation, il est nécessaire de connaître l’existant du site dans sa généralité. Ce point quelques fois irréalisable en première expédition est basé sur un repérage physique du site permettant de définir où les stations seront installées. De cette estimation, va découler les différents besoins matériel et logistique.

L’espace géographique dédié aux stations
Le fonctionnement permanent toutes bandes sur un espace géographique réduit est une condition qui doit être minutieusement calculée.
Aux Iles du salut nous avions 5 stations actives permanentes :
- la station principale 14, 21, 10 m sur antenne beam avec ampli
- la station dédiée à la CW toutes bandes
- la station dédiée aux bandes WARC
- la station SSTV et RTTY
- la station 50 Mhz
Imaginez quelques instants le Qrm possible entre stations sans précautions élémentaires.
Concernant ces données, Didier FY5FY (CNES/IGN) nous a fait parvenir les plans de l’île Royale avec les infrastructures historiques des vestiges du bagne, puis des infrastructures utiles pouvant abriter les stations des fortes pluies. Le plan permettait de situer le point culminant de l’île et d’envisager où placer les antennes, les tentes fournies par la Légion, puis de prévoir une distance de sécurité « radio » entre stations. L’environnement de hauts palmiers donnait une appréciation sur le dégagement possible des antennes en limitant le ratio hauteur/distance de la station (longueur des coax) Lors de l’étude préliminaire, ces informations avaient une incidence directe sur le matériel à prévoir (hauteur des mâts, longueur coax, fixations etc). Puis une répercussion directe sur le poids du matériel à transporter, qui rappelons le, est un soucis permanent. André FY5HE avec d’autres amis sur Cayenne avaient fabriqué les piquets fer d’amarrage y compris les piquets de terre équipant les différentes stations. Important de souligner à postériori que la mise à la terre des stations a été salutaire pour le brouillage local entre station.

La sécurité du groupe
Quels sont les moyens hors trafic pour établir une communication d’urgence ? Cette question est importante en cas d’accident sur le site de trafic pour un éventuel rapatriement sanitaire.
Aux îles du salut nous étions bien équipé sur ce plan en raison de la gestion des îles par le CSG (Centre Spatial Guyanais) disposant d’une logistique importante. Pour des raisons stratégiques une partie de l’île est couverte par le réseau téléphonique Améris couvrant le département de la Guyane. Une liaison de service était active avec nos amis de Kourou 145.500. Cette liaison fonctionnait correctement uniquement avec Kourou (Cayenne trop éloigné). Elle a été très utile pour les besoins en ravitaillement divers. Bien renseigné et avertis en arrivant sur l’île Royale, nous avons été vigilant à la chute quasi permanente des noix de coco. Le fait semblerait anodin, le choc est mortel. Malgré de fortes précautions, la plus grande attaque de la faune a été celle des poux d’Agouti. Lors des déplacements dans les herbes ces poux s’accrochent aux chevilles et tibia. Ils rentrent dans l’épiderme et meurt. Ce qui forme de jolis boutons plein d’humeur avec des démangeaisons à en perdre le fil du trafic. Les moustiques tant redouté ont lancé de modestes attaques vraisemblablement en raison de l’arsenal déployé avec les différents produits.

L’énergie 220V
C’est un très gros problème en expédition lorsque le groupe électrogène est l’unique possibilité. Le bilan énergétique doit être parfaitement ciblé dans sa totalité pour limiter le nombre de groupe. La question se pose en terme de fiabilité concernant l’emploi éventuel de plusieurs groupes. L’énergie nous était délivrée par un groupe électrogène puissant desservant l’île Royale. Nous avions un quota intensité limité par station, qui par chance cadrait à nos besoins.

La connaissance de l’appareillage.
C’est un point qui a son importance en situation opérationnelle, car l’apprentissage n’est plus possible. Les différents transceivers, pour une part prêté par nos sponsors que nous remercions fortement au passage, au départ ne sont pas toujours connus par l’ensemble des opérateurs. Il est judicieux dans les phases de préparation qu’un om délégué au matériel réalise un schéma succinct des principales commandes des transceivers et ampli. Puis donne des explications en réunion de formation. Les fonctionnement en régime mémoire, split, RIT ne sont pas toujours évident lorsqu’il faut « tourner » sur le matériel lors des vacations. Il y aura deux principaux mode d’exploitation, entre les opérateurs préférant l’écoute au casque et plein HP. La boite de couplage BF permettant la distribution de la BF à l’om du log informatique, puis de l’om aux commandes, doit être robuste et en aucun cas détériorer la qualité BF.

L’outillage
Le menu outillage est indispensable, toute fois il doit être minutieusement préparé afin d’éviter les doublons. La gestion de cet outillage est impérative pendant les séquences de travail. L’outillage comprend également les appareils de mesures antennes genre MFJ259 et autres.Un responsable à l’outillage est souhaitable pour la maîtrise de l’appareillage de mesure et suivre le déplacement du menu outillage qui se perd facilement.

Conclusion sur l’étude de l’existant
Ce bilan est très important car il permet d’établir un cahier des charges définissant les réels besoins en matériel, puis d’optimiser la logistique en général y compris les plans de secours des personnes en cas d’incident divers.

Les aspects Humains

Préparation au décalage horaire
Se préparer à un décalage significatif, cet à dire où le métabolisme va être modifier en raison des (– 5 heures dans notre cas) par rapport à nos bonnes vieilles habitudes, peut très bien se passer en régime de vacances, où la récupération se fait en confort hôtelier. La difficulté de l’expédition est d’être opérationnel 24h /24 dès la fin des 8 heures d’avion. C’est une des plus grosses difficultés physique et mentale. Le 3ème jour, plus personne n’avait de repère ni sur la date du jour, ni sur le jour de la semaine. L’appétit n’était pas terrible, conséquences physiologiques accentuées par la température de 40° en journée sous 85% d’humidité relative avec des pluies tropicales fréquentes. A ce taux d’humidité relative, plus rien ne sèche et les maillots se transforment en serpillères pour la journée. Le choc moral s’est fait réellement sentir le deuxième jours où la fatigue attaquait en permanence. Le décalage horaire « normal » était amplifié par le propre décalage des vacations aux stations.
Nous avions opté pour des vacations de 4 heures au minimum à deux oms ( l’opérateur principal et le logger). Ce point est discutable physiologiquement avec accoutumance au rythme ou pas. Bien qu’étant parfaitement avisé des conséquences physiologiques de ce type de fonctionnement, c’est un point non négligeable à étudier avant l’expédition puis procéder à des ajustements pendant l’expédition.

Les vacations
Le régime de vacation sur 24h pratiqué ordinairement en contest sans décalage horaire est astreignant, mais trop court pour ressentir des effets physiologiques. La problèmatique est réelle sur 150 heures non stop dans des conditions climatiques difficiles. Tenant compte de la fatigue accumulée du voyage et de la mise en place des stations, l’objectif est d’assurer le trafic en maintenant l’état physique et spychologique du groupe. L’expérience montre que la première journée doit permettre un mélange des opérateurs lors des premières vacations pour rechercher les affinités de trafic entre l’opérateur principal et le logger ou vice et versa. Ce point important permet la recherche de complémentarité du couple d’opérateurs. Pas de confusion, il n’y a aucun rapport avec d’autres affinités personnelles, culturelles etc. Il est recherché ici les facultés d’écoute, de vigilance, de rythme.

Lorsque ces couples d’opérateurs sont formés, il est important que chacun fasse le point sur leurs qualités physiologiques pour les rotations, par exemple former les équipes du matin, du soir et de la nuit le plus naturellement possible. Par exemple, aux Iles du salut le décalage horaire conduisait à une forte activité de l’europe vers les 4h du matin. Période non évidente pour assurer en grande forme une pression de trafic soutenue.
Nous accordons que cette organisation « sociale » n’est pas simple, mais elle est impérative. A titre préventif organisationnel, il est judicieux d’aborder ces sujets bien avant le départ effectif dans les futures expéditions, tenant compte de cette passionnante expérience. Rappelons que la qualité globale du trafic découle directement de la bonne organisation des vacations correspondant aux qualités des équipes. Nous avons tous eu, malgré un planning adapté aux équipes, des moments de fatigue intense où le trafic devenait impossible pendant une trentaine de minutes par une audition et diction complètement déficiente. Notre jeune om Pascal s’en rappelera longtemps.
Pour anecdote, un om Français très sympathique après avoir déjeuner confortablement puis écouté le Pile Up vers les 9h locale en France nous disais <<gérer…gérer>>. Le seul point dur pour nous, il était 4 heures du matin et nous étions en fin de vacation sous 32° au rythme de 3 Qso / minute avec des averses tropicales créant beaucoup de bruit. Comme quoi malgré toutes les gentillesses il est difficile d’imaginer que le bafouillement ou les ratés éventuels ne provenaient pas d’un excès de rhum de Guyane.

Le repos physique et mental
A la suite d’une vacation de 4 h, le repos est impératif dans le calme. Il était absolument nécessaire de réaliser un sommeil paradoxale réparateur pour tenir le rythme sur 150 heures. L’éloignement du site de couchage doit être suffisamment éloigné des stations actives pour un repos assuré. Toutefois, selon la configuration du site, ce n’est pas facile de s’isoler ne serait-ce qu’en fonction des dangers de la faune environnante nocturne.
Pour anecdote, l’île Royale est peuplée de petits coqs répartis sur l’ensemble de l’île. A 4h du matin, le chef coq déclenche le clairon, qui s’enchaine à l’ensemble des coqs de l’île. Résultat plus d’une heure d’effroyable concert auquel on ne résiste pas. Parcontre nous nous sommes habitués aux 75 dB des croassements de big crapeaux durant toute la période nocturne.

L’hygiène alimentaire
Une prise de repas équilibré est nécessaire en sachant que le dérèglement incite à grignoter pendant les vacations. La logistique de la cuisine n’est pas une mince affaire. Un om doit être délégué malheureusement à cette tâche ingrate et très prenante. Nous avions la chance d’avoir parmi l’équipe quelques pêcheurs (ayant apporté un mini matériel) qui ne sont pas rentré bredouille. Ce qui permis de pratiquer quelques délicieuses recettes locales. Reconnaissant qu’elle seraient encore plus appréciées au retour avec une horloge chronobiologique à nouveau synchronisée.


La situation de Pile Up

C’est sûrement la phase qui suscite le plus de passion. Les spécialistes, conseilleurs de haute volée que nous étions, aujourd’hui sont très assagit sur le sujet, comme par un heureux et paisible hasard.
En réalité la réponse est au plus simple, tout bonnement régit par les règles physio bien connues. Le système de perception informationnel de l’humain fonctionne comme un bus série d’ordinateur, avec un débit très lent. Les expériences scientifiques d’actualité sur des opérateurs détenant des postes stratégiques, montrent que le cerveau humain est à saturation lors de 7 informations lui parvenant simultanément. Vous aurez compris qu’à l’écoute d’un flot d’une centaines de stations qui appellent en même temps le résultat restera maigre. Toutes méthodes possède sa propre valeur, liste , numéro etc, mais devant la saturation, il faut réguler d’une façon ou d’une autre et nous nous sommes rendu compte que toutes méthodes à ses limites. Tous les opérateurs ont pratiqué la méthodologie qui leur convenait le mieux, en sachant que dans ces circonstances d’expédition il fallait respecter un minimum de convivialité, ce qui conditionnait entre 3 et 5 contacts à la minute dans les périodes soutenues. La constatation qui nous claquait à la figure était le bourdonnement d’un nombre démentiel de stations qui appelaient en même temps. Partant du constat qu’il est souhaitable de ne pas attirer trop de monde sur la fréquence pour écouler correctement le trafic, nous avons expérimenter un principe qui consiste faire un stand by, puis se diriger dans une direction au calme apparent et appeler à faible puissance (40w). Le système a bien fonctionné car nous obtenions réponse d’une première barrière de stations (en terme imagé) lorsque cette première barrière diminuait quantitativement, on doublait la puissance. Ce système permettait une sélection graduelle qui a montré une efficacité relative car elle nous dégageait d’une meute systématique à 200 W de puissance.
Parcontre un point semble être intéressant et significatif à rappeler. Les stations qui perçaient immédiatement étaient celles qui possédait une très bonne modulation et utilisaient les analogies, même à faible niveau. Nous n’avons jamais été aussi sensibilisé sur l’intérêt d’utiliser les analogies officielles mettant en valeur les qualités phonétiques des indicatifs en situation de Qrm.

Plus qu’une méthode, l’expérience montre que la « fraîcheur » de l’opérateur, donc sa vigilance prévaut très largement sur la méthodologie de trafic utilisée. C’est une principale raison pour laquelle il a été développé ci-dessus l’intérêt d’une bonne organisation lors du roulement des vacations, la durée fixée de celles-ci, les conditions de repos et d’alimentation à la fin des vacations. Nous sommes comparables à des sportifs dans une course marathon où l’objectif est de terminer en bonne condition.
Sur un autre registre, notre ami Daniel F6EPD a vécu le pile Up en RTTY. Nous n’avons pas encore analyser comment il est possible de parer à cette situation. Le résultat est simple, plus aucun décodage possible. Nous pouvons en tirez la leçon, que le pile Up phonie géré par l’opérateur même fatigué supplante l’informatique.


Le Log informatique

Nous avons utilisé LOGGER convivial et pratique avec la « gray line » permettant surtout de visualiser les parties du globe en activité normale fonction de l’heure.
Un point remarquable se situe sur les périodes d’activité des stations calquées sur l’activité Pro avec ses phases significatives de périodes de trafic du matin avant le pro, du midi et principalement en soirée. Cette donnée est beaucoup plus significative que nous pouvions le penser en a priori. En fonction de notre position géographique, tenant compte du décalage horaire, elle permet de choisir par la beam la direction d’un pays où l’activité sera assurée. L’expérience a été menée avec succès plusieurs fois en direction du Japon. Suite à ce constat, il y a une suggestion d’outil à développer sur le thème évoqué ci-dessus. Cela nous a permis également de tenir un log (ici papier) sur les directions de la beam occupées par le trafic. Il serait en effet dommage de stationner sur les pays fortement peuplés en radioamateurs. Par exemple, le trafic en direction des US était inépuisable sur le 21 Mhz.
Il est peut être bon d’attirer l’attention sur la qualité (en terme de fiabilité) des PC en zone tropicale. Nous avons vu du matériel rendre l’âme avec les conséquences que cela peut avoir.


La mascotte de l’équipe

La beam 50 Mhz dominait une réserve d’eau, où Jojo le caïman était en veille. Très souvent, à la surface d’une eau verdâtre, il avait le regard bloqué dans notre direction inquiet de voir des éléments brillants s’agiter. Nous en avons fait notre ami en lui suppliant de rester dans son périmètre. Tous les jours chacun allait saluer « Jojo le caïman » en lui donnant un CR verbal sur le trafic. A priori, et d’après son attitude incivique, il aurait préféré autre chose.


En conclusion

Ne pas avoir obtenu l’autorisation d’utilisation de l’indicatif TO4DX nous avait chagriné, car FY/F5KEE n’était pas l’exemple de facilité. Cela ne nous a absolument pas gêné. L’info avait bien circulée dans tous les pays, si bien que nous restions quelques fois 1 heure sans rappelé les coordonnées.
Remercions ici tous ceux qui nous ont aidé dans cette longue démarche. Egalement les membres de l’équipe qui ont contribués à la vie et au bon fonctionnement de l’expédition. A ceux qui n’ont pas eu la chance de participer.
Que ce compte rendu soit une incitation à de futures expéditions, en sachant que chacun a son mode de fonctionnement, que le but n’était pas de donner des conseils, mais de faire une approche permettant une nouvelle base de lancement. Merci à toutes les stations qui ont été patientes et surtout indulgentes. Sans oublier ceux qui malheureusement n’ont pas réaliser le contact pour raisons diverses.

Note : Comptes rendus de l’expédition ont été publiés dans Mégahertz magazine d’août (pages 65 à 67) et septembre 2000 (pages 52 à 55) ainsi que dans Radio-Ref d’octobre 2000 (pages 82 à 85)


Serge Naudin, F5SN