HAM RADIO 2002 FRIEDRICHSHAFEN - 28 au 30 juin 2002 par F5PYF



Déjà sidéré par l'exposition HAMFEST 2001 où nous nous étions rendus avec l’excellent André F4LNK, nous décidions début juin de renouveler l’expérience. Cette fois-ci, André laissait sa place à mon « parrain » UFT, l’ami Maurice F6IIE, avec qui nous avons l’habitude et depuis fort longtemps d’associer nos méfaits !


La résolution fut donc prise début juin d’effectuer le trajet TOULON – FRIEDRICHSHAFEN en camping-car : départ mercredi 26 juin à 18:00, trajet de nuit afin d’éviter la chaleur (notons que nous avions 34° sur Toulon au départ !).

Deux itinéraires étaient possibles : le plus court via Monaco, Gênes, Milan (Italie), Lugano, Chur (Suisse), Vaduz (Lichtenstein) et Bregenz (Autriche) ou, le plus long via Grenoble, Genève, Berne, Zürich, Constance (Suisse) puis prendre le bac afin de traverser le lac vers la rive allemande.


Après un coup de fil à la station météo du « sémaphore du Mourillon », en l’occurrence l’ami André, ce dernier nous précisait qu’il n’y avait pas de problèmes particuliers sur l’ensemble des deux itinéraires retenus (merci à www.franceorage.com car il n’est par évident d’entreprendre la route de nuit sous des trombes d’eau, surtout lorsqu’il s’agit de traverser les Alpes suisses via le col du San Bernardino).

Nous choisissions donc l’itinéraire le plus court Italie et Suisse par le col du San Bernardino, et, nous ne notions effectivement aucun problème météo sur l’ensemble du trajet. Merci au Dédé-Les-Bons-Tuyaux !

L’ensemble des bagages bien sanglés dans les soutes (dont une bouée canard), le transceiver et les antennes bien calés et les vivres toujours à portée de main dans le réfrigérateur (très important), nous prîmes la route à 18:00 comme prévu.

Vers 20:00, alors que nous dépassions Imperia, un bruit suspect nous fit quitter l’autoroute : l’estomac de Maurice réclamait déjà en CW le taboulé et le jambon aux herbes que nous avait préparé Chantal, son épouse, sans exclure toutefois le clafouti aux prunes ! La nuit tombant, il ne fut même pas nécessaire d’éteindre la lumière pour savoir qui aurait la dernière part. Un régal, merci Chantal !

Nous reprîmes la route vers 21:00 à une moyenne de 100 Km/h seulement et le prochain arrêt fut la banlieue milanaise où nous profitions de faire le plein de gasoil. N’étant pas vraiment pressés puisque nous avions un jour d’avance sur l’ouverture de l’expo, nous nous consultions sur notre état de fatigue, et, décidions de continuer jusqu’à ce que sommeil s’en suive…

Maurice prît alors le volant du camping-car et fut même étonné, compte tenu du gabarit, de l’aisance qu’il y avait à conduire un tel engin (7.65 m). Assumant mon rôle de copilote, je passais surtout les vivres et indiquais bien accessoirement la route à suivre (avec une lamentable erreur dans le dédale des escalopes tangentielles milanaises qui nous fit perdre cinq petites minutes). Direction à suivre : Côme et Lugano.


Très honnêtement, le surplomb de Côme et Lugano de nuit avec les lumières qui se reflètent dans le lac est une vision paradisiaque. Même l’heure matinale n’arrivait pas à nous détourner de ces images enchanteresses qui s’offraient à nous. Toujours sur le qui-vive, nous décidions alors de continuer. Après avoir franchi la douane Suisse à Chiasso (la bien nommée, vu le temps d’attente) où nous nous acquittions de l’achat de la vignette annuelle de 40 Euros (40 FS seulement pour les autochtones) et après avoir subi un contrôle douanier en règle, nous nous dirigions enfin vers le col du San Bernardino.

L’autoroute fit place à un véritable champ de mines et quelques nids-de-poule ressemblaient plutôt à des pièges à éléphants ! Bref, voilà qui nous tînt bien éveillé en remuant la carcasse de notre pauvre camping-car comme un shaker, d’autant que l’ensemble autoroutier était en travaux, sur une seule voie de bas en haut, et que la forêt de panneaux de signalisation étaient encore plus dense que celle de sapin qui nous entourait !


Oui oui, il y avait bien deux pingouins au San Bernardino !... F6IIE/Gonflable et F5PYF/Gadget
Le tunnel au sommet du San Bernardino franchi, nous nous arrêtions quelques instants et profitions rapidement de la fraîcheur du sommet alpin. De 34° à Toulon quelques heures auparavant, nous nous retrouvions à deux heures de matin au milieu des pingouins avec une température d’environ 6/8 degrés, estimée au « MOMOmètre ». Vite, retour au camp de base et chauffage à fond dans l’habitacle de survie ! Il faut dire que le pire des hivers à Toulon ressemble fort au plus chaud des étés au San Bernardino, brrrr…

Définitivement réveillés par cette fraîcheur hivernale, nous décidions de redescendre le col et de poursuivre notre route jusqu’à Bregenz en Autriche. Direction Chur (MorseTastenLand ? Non non, il était écrit « HeidiLand » sur un panneau !). Chur, phonétique qui rappelait bien évidemment de bons souvenirs à l’ami Maurice qui ne jure toujours que par les clés SCHURR dont il a d’ailleurs réalisé, et à l’aide d’une simple lime seulement, un clone amélioré en 1986.


Le trajet San Bernardino / Bregenz fut vite fait, vraisemblablement en raison de l’appel de la couette ! Nous jetions un œil distrait à la forteresse illuminée de Vaduz au Lichtenstein (rebaptisée par André F4LNK, lors du précédent voyage, « Dracula’s Castle » du fait de son architecture plutôt austère)…

Quatre heures du matin : le jour se lève et nous arrivons à Bregenz après avoir franchi très rapidement, cette fois-ci, la douane autrichienne à St. Margrethen (ce qui nous dispense de nous acquitter de la vignette autoroutière autrichienne pour seulement quelques kilomètres). Très sympa Bregenz…

Aucune difficulté pour trouver une place de 7.65 m sur le parking central au bord du lac de Constance, frein de parking, couvre feu et tout le monde à l’horizontale, ZzZzZz…

Ah, je me doutais bien que Maurice allait me réveiller de bonne heure ! Tu penses ! Vers 08:00, Maurice avait déjà fait un tour de ville, pris son café et me ramenait une paire de croissants histoire que je ne grogne pas trop fort suite au branle-bas matinal ! C’est ça les amis ?!


Vite sur pieds, nous remarquions que le soleil tapait déjà très fort, et, nous recherchions même de l’ombre sous les tilleuls cèdres et érables abritant la promenade ombragée au bord du lac. Bregenz est une petite ville magnifique, un peu comparable à Evian en France. Maurice, expert en la matière, nota rapidement ces dizaines de petites baraques sur la promenade du lac d’où un fumet de saucisse grillées et stumpfnodeln en cours de préparation de dégageait déjà ! Nous nous promettions de revenir les visiter plus tard, l’important était de prendre notre place au camping de Friedrichshafen. Nous terminons un rapide tour de ville et nous arrêtions devant une échoppe dont l’enseigne indiquait fièrement « A1 » ! Y avait-il des manips à l’intérieur ? Hélas non au grand désespoir de notre MOMO international, c’était un coiffeur !

Vers 11 :00 nous décollions de Bregenz avec notre zeppelin à roulette et prenions la route nationale vers Friedrichshafen, évitant ainsi l’autoroute autrichienne, les deux villes n’étant espacées que d’une trentaine de kilomètres seulement. Nous contournions le lac de Constance par l’Est, prenions la route de Lindau puis Friedrichshafen, cernés par des vergers de mirabelles et quetsches ce qui fit penser à Maurice qu’il restait encore une part de clafouti aux prunes dans le réfrigérateur. Incorrigible…




Quelques trente minutes plus tard, nous entrions dans Friedrichshafen sous un soleil de plomb. La première chose que nous vîmes fut le chantier en construction de la nouvelle foire exposition (Neue Messe, auf Deutsche) où se déroulera la prochaine HAMFEST 2003. C’est encore plus impressionnant que les halls actuels. Nous pourrions entrer aux moins deux zeppelins (spécialité locale) dans chaque halls ! Nous prîmes la direction du centre ville et suivîmes les panneaux « MESSE » (foire). Quelques instants plus tard, nous nous retrouvions devant l’entrée principale de l’expo et notions que des panneaux et calicots HAMRADIO parsemaient la ville. Impossible de passer à côté de la manifestation !


Aux abords immédiats de la foire, nous notions un nombre impressionnant de camping-cars et caravanes de toutes nationalités, et toutes antennes dehors, qui avaient déjà pris place. Avec le recul, nous comprenons aujourd’hui le pourquoi de la chose, mais, nous y reviendrons un plus tard.

Maurice fut déjà très impressionné par la surface de l’exposition ainsi que par le volume de chaque halls alors que nous en faisions le tour. Inutile de dire que nous n’avons pas l’équivalant en France. C’est en effet sidérant pour qui vient pour la première fois.

Nous prîmes ensuite la direction de notre camping, soigneusement choisi en bord de lac, afin que nous puissions mêler l’indispensable à l’agréable. Je connaissais ce camping pour y avoir passé agréablement notre dernier séjour. Eloigné seulement de quelques kilomètres de l’expo et bien desservi par les bus urbains, nous vous le recommandons (camping DIMMLER, route de Lindau, Friedrichshafen).


Très bien accueilli par Frau DIMMLER, nous avons pu choisir notre emplacement engazonné avec vue sur le lac. Là encore, beaucoup d’antennes sur les camping-cars et les caravanes. La population du camping était presque exclusivement radioamateur ! Par contre, étrangement, nous étions les seuls français du terrain. Nous engagions la conversation avec un opérateur suisse spécialisé dans l’ATV. Tiens, encore un bruit suspect : 12:30, Maurice réclame : MANGER ! Bigre ! Il faut faire fissa !

Nous voulant pas infliger une autre torture à l’ami Maurice, déjà privé de son manipulateur et notant chez lui quelques signes de manque à ses phalanges (du style tremblements nerveux de type parkinsonien en phase finale), nous nous dirigions prestement au restaurant le plus proche : une bassine de salade de saucisse et tomate mozzarella furent vite engloutis par les deux compères, le tout arrosé d’un seau de bière, comme il se doit ! Une grosse glace (pourquoi faire petit ?), un café et l’addition avant la sieste…


Donc, calme plat jusqu’à 16:00 d’autant que la chaleur étouffante n’inspirait pas à quelque autre activité qu’il soit. Après une douche réparatrice bien fraîche, nous montions quelques brins et installions le décamétrique à l’arrière du « pumpkin-car ». Bigre ! L’activité ne manque pas sur 7 MHz ! Il est même difficile de trouver 2 KHz de bande pour réaliser le QSO avec le copain Michel F5PVX, président de la section locale du REF-83, qui n’a pas manqué de venir nous saluer très aimablement. Report 59 des deux côtés, nous sommes rassurés : l’installation mobile fonctionne bien.

Etre en bord de lac, c’est bien côté environnement. Par contre, vers 17:00, toute la « Luftwaffe » semble avoir mis le cap sur le camping DIMMLER ! Et, plus précisément sur l’ami Maurice dont la surface et la qualité de peau semblent particulièrement convenir aux zeppelins piqueurs locaux ! Ayant évoqué le problème « moustiques » avant le départ, Chantal avait préparé des lingettes insecticides. Hélas, ces ptérodactyles sont si voraces que nous remarquions que certains se posaient même sur la lingette ! Un comble ! Bref, il faudra prévoir des combinaisons d’apiculteurs la prochaine fois…


Afin d’échapper aux piqûres, nous décidions d’aller faire un tour en ville tout en longeant le lac. Il ne nous a fallu qu’une quinzaine de minutes à pieds seulement pour rejoindre le centre-ville. Devant nous, un cycliste passablement éméché par quelques seaux de bière venait de se prendre un trottoir et était étendu inanimé dans le gazon, l’arcade sourcilière bien ouverte. Nous nous précipitions à son secours et nous laissions la suite des opérations à des promeneurs locaux après avoir mis ce pauvre cyclotouriste en position de sécurité et étant sûrs de sont prompt rétablissement !

Il faut dire qu’une myriade de brasseries, salons de thé et glaciers parsème la promenade en bord de lac près de l’embarcadère vers la rive suisse du lac. Déjà fatigués par les 15 minutes de marche sous une chape de plomb orageuse et les émotions, nous décidions une halte bière sous les arcades d’un édifice situé en face d’un jet d’eau, un peu comme à Genève. Désaltérés par une demi-litre de bière locale et reposés nous reprîmes la marche vers le camping jetant un œil distrait aux boutiques du centre-ville et passant devant le Musée Zeppelin Graf, fierté de la ville.


De retour au camping, nous remarquions que nous avions deux nouvelles jeunes voisines campeuses et regrettions que ce ne soit pas elles qui aient besoin d’être réanimées hélas J Allez, encore un peu de farniente, dîner au restaurant du camping (à éviter selon nos deux experts du guide Hamelin) vers 21:00 en compagnie de radioamateurs allemands, et crack, badaboum ! Un orage carabiné qui ne nous a pas lâché jusqu’à trois heures du matin ! Nous plaignions ceux qui étaient sous la tente, nous bien à l’abri sous la couette dans les bannettes étanches du camping-car…

Ah ! Je me doutais que Maurice allait encore me réveiller aux aurores ! Ca n’a pas manqué ! Il faut dire que RIEN, non RIEN ne peut troubler le sommeil du Schtroumpf IIE Dormeur, ni orage, ni même un tremblement de terre ! Donc, à 07:45, branle-bas de combat. Moi qui m’étais endormi bien plus tard et qui avait aidé au déménagement d’une tente de voisins inondés en pleine nuit. Les orages à Friedrichshafen méritent le détour !


Après café et douche, nous quittions le camping en direction de la foire. Vers 09:45, nous étions à la recherche d’une place aux abords immédiats de l’exposition qui était ouverte au public après 10:00. Manque de chance, d’autres étaient arrivés bien avant nous, notamment les exposants qui avaient pris les places les plus proches. Un embouteillage digne du périphérique parisien aux heures de pointe cernait la foire ! Nous passions devant plusieurs parkings, tous pleins à craquer et à chaque fois on nous faisait signe de continuer. C’est à seulement 4 ou 5 kilomètres de la foire que nous avons pu enfin trouver un parking incomplet, le parking numéro 24 ! Fort heureusement, organisation DL oblige, une navette gratuite nous conduisît en 5 minutes chrono à l’entrée de la manifestation. Donc, no soucy Ophélie…

Le bus nous déposât devant la billetterie située entre les halls 9 et 10 où, là encore, il y avait des embouteillages ! Après l’acquittement de 7 Euros par personne, nous voici enfin dans le temple du radioamateurisme européen !

La première chose qui surprend, c’est la billetterie elle-même. Trois cent personnes au bas mot faisaient la queue dans une ambiance bon enfant. Il ne nous fallût pas plus d’un quart d’heure pour avoir nos billets en main et monter l’escalator conduisant au hall 8, véritable pont routier d’accès à la foire.


Plan de l’expo. Les halls 1, 2, 3, 9 et 10 sont des campings couverts !
Le hall numéro 8, déjà de bonne taille, est un concentré d’informatique ! On y trouve toute la connectique, les consommables et bien entendu toutes sortes de hardwares ou softwares. Ce premier hall donne déjà une idée de ce qui nous attend dans les cinq autres halls suivants. Bref, le paradis des informaticiens passe aussi par Friedrichshafen. Des cartes mères, des microprocesseurs, des cartes vidéos de tous âges, des claviers de toutes sortes, des écrans plasma, du neuf, de l’occasion, de la récupération. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Le choix de la connectique est époustouflant. L’introuvable est bien ici, proposé aussi bien par des exposants Russes, Hongrois, Tchèques, Slovaques, Croates, Slovènes, Britanniques et Allemands. Le côté consommables est également sidérant : on y trouve du papier glacé pour impressions haute qualité à un prix bien au-dessous des prix habituels du marché, sans parler d’une innombrable possibilité de se soustraire à l’acquisition de cartouches d’encre en les remplaçant par d’autres solutions bien plus économiques. Les imprimantes ressemblent ensuite à de véritables pieuvres pompant l’encre dans des bacs multicolores ! Pour qui réalise fréquemment des tirages couleur, c’est bien la solution la plus économique. Les ramettes de papiers spéciaux se vendent par palettes ! Et, pour qui aime les gadgets informatiques, nous trouvons bien là toutes sortes de périphériques possibles et imaginables. J’ai même vu un robot expérimental commandé par PC et par onde radio. Bref, le temple de l’informatique amateur et du génie informatique.


L’autre extrémité du hall numéro 8 nous conduit par un escalator au gigantesque hall 7 qui contiendrait, à lui seul, une petite escadrille de zeppelins ! Là encore, c’est toujours principalement de l’informatique, des consommables et de la connectique amateur et professionnelle. Impensable : la société CONRAD a reconstitué un véritable magasin dans un angle du hall 7 ! Comme l’an dernier, il y a une queue d’environ 70 à 100 personnes qui attendent de pouvoir entrer dans la boutique tout de même de la taille d’une petite FNAC ! Vous désirez acquérir quelques CD-R vierges, aucun problème : ils se vendent pas tours de 150 à un prix défiant toutes concurrences ! Tiens, même des minis CD-R 185 Mo très en vogue en ce moment. Vous désirez acquérir à moindre frais un PC portable ? Vous aurez un mal fou à choisir l’outil de votre choix parmi les centaines de PC portables proposés neufs ou d’occasion voire même reconstitués sur les étals ! Un exemple : pour 350 Euros, vous repartez avec un IBM portable écran LCD couleur état neuf, carte son, lecteur CD-R, saccoche de transport, batterie neuve avec chargeur et garanti trois mois ! Nous avons vu des écrans 17 pouces LCD à des prix extrêmement abordables et d’une très honnête qualité. Ah, une petite particularité vue également l’an dernier : le sex-shop est toujours là, mais la publicité « racoleuse » peinte sur le stand n’y est plus ! Je me suis laissé dire qu’on y trouvait des DVD particulièrement croustillants, hi ! Nous notons également dans ce hall 7 l’impression immédiate de carte QSL (par Ottavio IK1PML), les impressions de casquettes et tee-shirts divers avec logos et inscriptions de notre choix. L’ami Maurice n’a d’ailleurs pas laissé passer cette occasion en se faisant broder une nouvelle casquette « F6IIE, life’s 2 short 4 QRS ! », fidèle à sa philosophie QRQ !

Au bout du hall 7, nous avons deux choix : aller vers les stands à l’extérieur, principalement de la restauration, soit prendre la direction du hall 6, le matériel neuf et les associations. Il n’est pas encore midi et comme l’horloge interne gastronomique du MOMO n’a pas encore sonné les douze coups, nous continuons la progression matérielle vers le hall 6. La encore, la taille du hall impressionne : une véritable cathédrale de matériel radio. Non, ce ne sont pas des cloches qui s’agitent là-haut, mais bien une énorme beam qui gigote au sommet d’un mât vidéo motorisé, le tout en mouvement sur trois axes et à l’intérieur du hall ! Très honnêtement, je crois que nous n’avons JAMAIS vu autant d’antennes de note vie de radioamateur, fixes et mobiles et pylônes de toutes sortes.


Un petit « pace e salute » amical au stand des antennes ECO qui propose notamment un kit d’antennes mobiles à un prix hyper concurrentiel avec quelques phrases échangées en langue Corse histoire de ne pas se sentir totalement dépaysé J Du neuf ? Bien entendu, YAESU, KENWOOD et ICOM étaient en bonne place, avec, s’il vous plaît, la possibilité d’essayer à loisir chaque transceiver puisque chacun était bien raccordé à une antenne extérieure ! Impressionnant. Nous notions que le personnel des sociétés, tous au moins bilingues, cherchaient plus à renseigner qu’à vendre puisque, de toutes façons, la matériel s’arrachait tout seul ! Sur le stand WIMO où je recherchais une antenne introuvable en France, il nous a fallu attendre la disponibilité d’un vendeur après qu’il ait facturé deux TH-D7_ sous nos yeux et à la vitesse d’un éclair ! Impressionnant aussi ce stand WIMO, jouant pratiquement à domicile puisque la Bavière n’est pas très loin, qui me semble être par deux fois la taille du stand de l’année dernière. J’y ai acquis un triplexeur DIAMOND H/V/U (introuvable en France d’après GES) ainsi qu’une antenne mobile multibande 7/14/21/28/50/144/430 MHz DIAMOND HV7CX avec option HVC14CX pour le 14 et le 10 MHz, équipement non disponible en France. J’ai pu regretter que Mme WIMO n’ait pas endossé le costume traditionnel bavarois cette année, l’an dernier, ça ne laissait pas indifférent ! Pendant ce temps là, l’ami Maurice reniflait tout ce qui ressemblait à une clé, un manipulateur, un vibroplex, un peu comme le gastronome recherche des truffes sous les chênes en Provence ! Bon, c’est vrai qu’il était sevré de CW l’ami Momo et depuis deux jours puisqu’il avait oublié son manip à la maison, ouf ouf ouf ! Fort heureusement, une magnifique collection de clés de toutes sortes apaisa le manque ! La seule visite du stand SHURR suffit à dérégler son horloge gastronomique interne pour quelques instants. Rendez-vous était pris plus tard afin de rencontrer Herr Gerhard SCHURR en personne qui tenait le stand MORSETASTEN. Pas besoin de consulter la montre, il était l’heure d’aller se restaurer…


Les stands de restauration de trouvaient principalement en extérieur, entre les halls 3 et 6, bien qu’il existait également deux autres restaurants self-service internes. Compte tenu de la chaleur, nous avons plutôt choisi de prendre un peu l’air afin de nous remettre de nos émotions.

Pas moins de cinq restaurants et brasseries se trouvaient à l’extérieur et contigus au hall 6. Nous trouvions sans problème une place pour trois (! Cherchez l’erreur !) à l’abri d’un parasol et recherchions vite de quoi nous sustenter.

Moi, j’ai fait léger : « un stumpfnodeln », choucroute avec des gnocchis frits dans du lard fumé, quelques pommes de terre et des morceaux de saucisse, le tout arrosé d’un demi-litre de bière, comme il se doit. Maurice quant à lui est revenu avec, semble t-il, un veau entier braisé coincé entre deux miches de pain ! Et, le plus beau, c’est que ce ne fut pas suffisant puisque je l’ai vu retourner en cachette. Si si, pas une entorse au régime Maurice, une véritable fracture ouverte J


Etre en extérieur comporte bien des avantages : c’est à l’heure du déjeuner où tout le monde se presse vers les stands de restauration que nous croisons les amis. Là, nous avons pu rencontrer l’excellent Claude HB9CRX qui nous fit cadeau, à chacun, d’un manipulateur à genouillère de sa conception (Merci Claude) et l’excellent Markus HB9DQJ, grand spécialiste du QRM à table après la bière (ceci reste entre nous) dont l’humour ne nous lasse pas. Grand danger au moment de boire la bière compte tenu de la hauteur du verre, il faut dire que si on en renverse, « ça va cooooollllllerrrr » d’après Claude HB9CRX dit « Les-Vaches-Violettes » (avec l’accent suisse) !

Nous avons pu rencontrer également le copain Gilles F6EPE, SysOp du Packet-Cluster d’Avignon, très sage dans son coin, et, un peu plus tard, Jacques F1CH en compagnie de Jean-Claude F5BEX qui déambulaient tous deux dans les allées à la recherche de la bonne affaire. Et elles ne manquaient vraisemblablement pas !
Une fois le repas pris, et dans une franche ambiance, l’équipage des quatre mousquetaires Franco-Suisses poursuivirent la visite du hall 6.


Un arrêt au stand Waters & Stanton, un œil sur le prix et l’efficacité des SmartTuners (excellente solution en mobile) qui arrivent à coupler quelques boucles de fils enroulées autour de quatre balais positionnés en croix ! Un arrêt intéressé au stand SCS avec présentation des nouveaux PTC II PRO et démonstration d’un lien réel PACTOR III, vitesse de transmission de données très impressionnante en HF. Décidément, je conseille vivement l’acquisition de ce type de contrôleur multimode bien que le KAM XL proposé par Kantronics puisse être également une solution judicieuse pour qui n’a pas l’usage du PACTOR III. Un arrêt également au stand SYMEK puis enfin, séquence émotion : la visite guidée du stand SCHURR MORSETASTEN : l’ami Maurice pu enfin rencontrer Monsieur Gerhard SCHURR en personne et converser longuement de leur passion commune, l’ajustage des clés. Ah, je l’aurai parié : Maurice n’a pas pu résister, il est revenu avec un clé SCHURR magnifique, toute neuve, restait à lui faire un socle en bois d’Olivier (excellent choix) ce qui a été dors et déjà prestement réalisé au moment de la rédaction de ces quelques lignes ! Il est vrai que les clés SCHURR sont de véritables œuvres d’art, Gerhard étant un véritable artiste…

Le hall 6, c’est également le hall des associations. Nous n’avons pas manqué de saluer et d’encourager amicalement les exposants du REF-UNION associés cette fois-ci au CLIPPERTON DX-CLUB et de signer le livre d’or des visites. Bien placé et surtout bien représenté, le REF a su mettre en valeur nos couleurs nationales, merci et chapeau bas Messieurs du REF ! Bien évidemment, l’ami Maurice fut intéressé par les exposants HSC et autres clubs spécialisés High-Speed CW ou DX (on se demande bien pourquoi, pfff !). Le Ten-Ten avait une mascotte qui mérite le détour, je vous laisse apprécier la photo ci-contre. Bien entendu et jouant à domicile, les associations allemandes étaient à l’honneur. Nous notions l’excellente prestation du stand du DARC ainsi que celle de l’association représentative libanaise qui offrait, entre autre, sourire et thé à la menthe à leurs visiteurs. Heu, suggestion : du Bordeaux sur le stand du REF l’année prochaine ?! Ca devrait faire un tabac, c’est sûr !!!! !!

La visite se poursuivit vers les halls 5 puis 4 : la brocante. Alors là les amis, il y a que quoi y perdre son lapin ! D’une part c’est immense (à peu près grand comme deux hangars de l’aéronavale) et d’autre part, on y trouve de tout : des machines électriques pour l’éducation (ailette à électrons dans tube sous vide par exemple), des récepteurs et des émetteurs de tous types, civils et militaires, de tous âges et de toutes origines, du plus précieux au plus futile. Très honnêtement, je pense qu’il faudrait plusieurs jours pour avoir le temps de fouiller chaque stand à la recherche de l’objet rare.



L’ami américain Tom, W1TP, rencontré au détour d’une allée dans la brocante et qui fait spécialement le déplacement chaque année, nous disait ceci :

« L’exposition de Friedrichshafen est bien plus intéressante que l’exposition de DAYTON aux USA, car, DAYTON n’offre pas la diversité de matériel proposée à Friedrichshafen. Ceci se comprend du fait de la proximité de pays à cultures, économies et évolutions différentes, ce qui n’existe pas aux USA. Que vous recherchiez du matériel de mesure, de l’outillage, de la connectique, de l’informatique, des appareillages éducatifs ou scientifiques divers, plus tout ce qui est en rapport avec la radio d’amateur est à Friedrichshafen ! » A méditer…


Déjà 16:05, il est temps de nous rendre au sked brasserie fixé avec les copains Claude et Markus deux heures auparavant, nous sommes en retard. Nous rejoignions prestement les stands restauration extérieurs et retrouvons nos amis, le demi-litre de bière largement entamé. Ambiance de folie. Markus venait d’acquérir une antenne constituée d’une véritable canne à pêche d’une longueur de 10 m avec un fil interne et un balun à la base, type d’antenne largement utilisé par les camping-caristes radioamateurs pressés de monter une antenne multibandes. Hop ! Après une nouvelle bière réparatrice, nous nous séparions avec grands regrets de la compagnie de nos petits suisses que nous espérons retrouver au plus tôt. Tiens, comme c’est étrange : je remarque quelques nouvelles miettes sur le tee-shirt à Maurice. Aurait-il réussi à fausser la surveillance de la duègne ???? !!

Deux heures avant la fermeture, nous replongions dans la marée humaine des chineurs où nous parcourions la brocante allée par allée. Nous n’en voyions plus le bout ! Maurice achetait un câble de fortune, pressé d’essayer sa nouvelle clé SCHURR, et moi deux convertisseurs embase 3/8ème – PL, très difficile à trouver. Tiens, il y avait même des gramophones à cornets en cuivre, modèles identiques à ceux que je trouve en Hongrie ! J’ai vu un ampli HF qui devait peser à lui seul une petite tonne, difficile de ne pas estimer la puissance du jouet !

C’est littéralement épuisé que nous quittions à regret l’exposition vers 18:00, heure de départ des dernières navettes vers notre parking n° 24. Cinq minutes plus tard, nous nous retrouvions assis au frais dans le camping-car qui ne s’était pas « citrouillé », Maurice déjà affairé à raccorder le câble sur sa nouvelle clé, et moi entrain de décrypter la notice de ma nouvelle antenne multibande mobile dont le mode d’emploi, rédigé en kata kana, me donnait quelques légers soucis de traduction ! Il ne nous a pas fallu plus de 15 minutes pour être actifs, tant de radioamateurisme autour de nous incitant au trafic !

En soirée, nous décidions d’aller faire un tour à Bregenz et de revisiter ces petites baraques en bord du lac. La température ayant bien chuté après l’orage de la nuit précédente, les deux stumpfnodeln commandés arrivaient à peine à nous réchauffer Non non, pas de bière, un bon grog eût été plus approprié ! Le reste du temps de « vacances » s’est passé à vagabonder dans le secteur, en touriste, le trajet et les conditions de retour furent sensiblement identiques à l’aller, aussi, il est inutile de nous répéter.

Pour résumer, HAMRADIO 2002 FRIEDRICHSHAFEN fut une nouvelle réussite, sensiblement plus d’exposants que l’année précédente et peut être un tout petit peu moins de monde (la journée de vendredi, donc en semaine, ceci vraisemblablement du fait du WX incertain pour les locaux). Je pense qu’on peut estimer le nombre de visiteurs de 15 000 à 18 000. L’accueil et l’organisation demeurent irréprochables, la diversité du matériel proposé laisse rêveur, une ambiance d’enfer et, en plus, la bière est bonne ! Réservez donc quelques jours fin juin l’année prochaine, vous ne serez pas déçu du voyage et profitez en pour amener vos meilleurs amis.


Comment explique t-on un tel succès ? Vraisemblablement le soucis du détail des organisateurs, les prix serrés pratiqués par les vendeurs mis en forte concurrence (même la restauration), l’immense choix disponible, l’harmonisation des procédures européennes, la monnaie unique et peut être aussi une situation idéale au cœur de l’Europe de l’ouest.

Le mot de la fin : ceux qui pensent que la radio d’amateur n’a pas d’avenir compte tenu des nouvelles technologies de communication qui ne requièrent ni efforts ni examens se fourvoient totalement. L’exposition européenne de Friedrichshafen nous démontre que le radioamateurisme se porte toujours très bien, et les associations représentatives aussi ! Je pense à titre personnel que, parfois, nous devrions peut être nous inspirer de modèles qui fonctionnent plutôt que de nous interroger ou bouder ceux qui réussissent. Il n’y a pas de secret : le travail est source de réussite, la persévérance, l’union des efforts mènent forcément au résultat escompté. Français, qu’attendons nous ?

Olivier, F5PYF et Maurice, F6IIE



ANNEXE 1 : Programme des conférences

Freitag, 28. Juni 2002
08:00 Uhr Mobil-Anreisewettbewerb
10:00 Uhr Eröffnung der 27. Internationalen Amateurfunkausstellung HAM RADIO 2002
12:00 Uhr elektromagnetische Unverträglichkeit an Geräten aufklären
12:00 Uhr OOTC QCWA Mitgliedertreffen
12:00 Uhr Software für den Funkamateur
14:00 Uhr Ausbildung im DARC
14:00 Uhr DATV-Testerfahrungen auf 70 und 23 cm
14:00 Uhr Kurzwelle hören
14:00 Uhr Treffen der Freunde des 6m Bandes Magic Band
16:00 Uhr Bericht der Bandwacht
16:00 Uhr Das HF-Referat informiert
16:00 Uhr Das mysteriöse Maximum der Sonne
16:00 Uhr Satellitenfunk für Einsteiger
17:00 Uhr Treffen der Freunde des DARC-DX-Rundspruchs

Samstag, 29. Juni 2002
10:00 Uhr IARU Veranstaltung - nur für geladene Gäste
10:00 Uhr Mitgliedertreffen German DX Foundation
10:00 Uhr UKW-DOK Börse
12:00 Uhr Contest Forum
12:00 Uhr ORF-Hörertreffen
12:00 Uhr Sotware Defined Radio - Die Realisierung
12:00 Uhr Treffen Ring der Pfadfinder
13:00 Uhr Workshop Laser-Kommunikation
14:00 Uhr IARU Veranstaltung-nur für geladene Gäste
14:00 Uhr Mitgliedertreffen Förderverein internationaler Begegnungen
14:00 Uhr Sysop Treffen
14:00 Uhr Treffen der Freunde der DOK-Börse
14:00 Uhr VFDB Mitgliedertreffen
14:00 Uhr YL-Treffen
16:00 Uhr IOTA Forum
16:00 Uhr Kommunikation im optischen Bereich
16:00 Uhr Mitglieder fragen das VHF/UHF/SHF Referat
16:00 Uhr Mitgliedertreffen Förderverein Amateurfunk (AFM)
16:00 Uhr Treffen der DX-Freunde
18:15 Uhr HAM Party Night

Sonntag, 30. Juni 2002
ganztags Abreisewettbewerb
ganztags Mitglieder fragen Vorstand
09:30 Uhr Amateurfunk-Peilwettbewerb
10:00 Uhr Die Neuregelungen im Amateurfunkrecht
10:00 Uhr Ham Stamp Meeting
10:00 Uhr IARU Veranstaltung - nur für geladene Gäste
10:00 Uhr Prüfung für den Erwerb des Amateurfunkzeugnisses der Klasse 3
10:00 Uhr Wichtige Empfängerkenndaten und Empfängermesswerte richtig interpretieren